Les nouvelles tendances du recrutement

Sajid Salhi

Co-Founder

Le marché de l'emploi est aujourd'hui très concurrentiel, et pas seulement pour les millions de candidats en recherche d’emploi mais aussi pour les entreprises qui doivent rivaliser d’ingéniosité pour tirer leur épingle du jeux. Il ne suffit plus de publier une offre d’emploi en se croisant les doigts pour espérer pouvoir attirer les meilleurs talents. Il faut être créatif et se tenir informé des dernières innovations.
Voici quelques tendances qui devraient se dégager en 2020 et dans les prochaines années.

Rationalisation des processus grâce à l'intelligence artificielle

Le tri manuel de centaines de candidatures, les entretiens de préqualification, et la gestion des candidats, prennent du temps et s'exposent au risque de l’erreur humaine de laisser certains candidats idéaux passer entre les mailles du filet. Alors que nous constatons une résistance justifiée à l’automatisation complète du recrutement, nous voyons également l'émergence de services qui participent à accélérer un peu les choses pour les recruteurs. De nombreuses solutions existent déjà, telles que Pipler, Clustree, Arya, Entelo. Le marché de l’IA RH est en effet en plein boom et nombreuses sont les start-ups à proposer des outils de plus en plus perfectionnés. Par exemple, la start-up chinoise Seedlink utilise l’IA sous forme de réseaux de neurones artificiels et promet une « analyse des schémas subconscients du langage des candidats pour des décisions plus rapides et plus précises ».

Il y a quelque temps, Amazon a déclaré que son algorithme de recrutement était biaisé contre les femmes. Depuis, la communauté Tech RH en a tiré les leçons. Si il est vrai que l’IA et le machine Learning peuvent accélérer grandement le travail du recruteur, il est vital que ces technologies soient supervisées par un être humain qui, in fine, prendra les décisions finales.

Ouverture à l’économie du « gig »

La gig economy signifie, littéralement, l’économie des petits boulots.Le terme, très populaire aux Etats-Unis, désigne principalement les plateformes collaboratives comme Uber ou Deliveroo qui n’emploient pas des salariés mais travaillent avec des micro-entrepreneurs.

Dans le passé, les gens n'avaient recours aux "petits boulots" que lorsqu'ils n'étaient pas en mesure de trouver un emploi régulier et stable. Mais c’est aujourd'hui loin d'être le cas. De nombreux freelances bien rémunérés s'épanouissent dans le cadre de ces missions et, pour les entreprises, l'embauche d'un travailleur de ce type permet d'économiser beaucoup d'argent et de ressources, et leur apporte une grande flexibilité.

La data au service du recrutement

Autrefois, le recruteur se contentait en grande partie de son flair pour d’identifier l'aptitude d’un candidat à occuper un poste donné. Il est certainement impossible de savoir si quelqu'un fera du bon travail dès le départ, mais l'essor de la data peut vous aider à prendre des décisions plus éclairées. Bien qu'elle soit aujourd’hui principalement utilisée dans le secteur bancaire, l'industrie et le secteur public, l'analyse des données transforme également les ressources humaines en supprimant certains biais non backés du recrutement. En évaluant des facteurs tels que les compétences, les qualifications et la personnalité, la data vous aide à trouver les meilleurs candidats possibles.

Recruter grâce à la cooptation

Avec une nouvelle génération prenant le relais dans le marché du travail, il est important de reconnaître la réputation des Millennials à changer fréquemment d'emploi. Bien que la plupart d'entre eux ont des raisons légitimes derrière ce comportement (comme le désir d'avoir un emploi "épanouissant"), cela représente un coût pour l'entreprise qui doit faire face à des turnovers de plus en plus importants.

Une solution pour fidéliser davantage ses employés consiste à se tourner vers les programmes de cooptations. En effet, une étude de Deloitte montre que le taux de rétention est de 42 % après trois ans pour les employés recrutés par le biais de la cooptation, contre 32 % pour les employés recrutés par le biais de sites d'emploi et 14 % pour ceux recrutés via des sites de carrière.

Les réseaux sociaux professionnels et les cooptations sont les meilleures sources pour réaliser des recrutements de qualité. En intégrant la technologie dans un programme structuré de cooptation, les employeurs peuvent s'approvisionner auprès des réseaux sociaux de leurs employés, créant ainsi une réserve de talents très performante qui favorise les cooptations et les stratégies de recrutement passif.